Suivi et rééducation après
plastie du ligament croisé antérieur du genou
1. Objectifs
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Le but est
de reconstituer le ligament croisé antérieur rompu par l'entorse
grave du genou. Le rôle de ce ligament est de stabiliser le genou lors des mouvements de
pivot (flexion-rotation) qui se produisent lors des changements de direction à la marche,
lors de la course en terrain inégal ou lors des réceptions de saut.
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Deux techniques
sont actuellement utilisées :
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La technique de
Kenneth-Jones, qui utilise un greffon os-tendon-os
prélevé sur la rotule, le tendon rotulien et la tubérosité tibiale
antérieure
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La technique
DIDT, qui prélève un greffon purement tendineux sur
l'extrémité inférieure des muscles droit interne et demi-tendineux à
la face interne de la cuisse.
2. Indications
La ligamentoplastie est indiquée :
- à titre curatif, lorsque le patient est
gêné dans sa vie courante, professionnelle ou
sportive par des accidents d'instabilité du genou : dérobements, déboîtements, entorses
à répétition.
- à titre préventif chez des sportifs jeunes ou des patients qui ont un métier à
risque (travailleurs du bâtiment, pompier, policier, militaire, etc.). Un accident
d'instabilité sur une échelle ou un échafaudage peut avoir des conséquences
gravissimes.
Chez les sujets sédentaires, surtout après 40 ans, il est classique
de s'en tenir à un traitement "conservateur" (rééducation)
et de s'abstenir
d'un traitement chirurgical dont les suites sont plus longues et difficiles que chez le
jeune sportif. Lorsque la gène est importante et que le patient a un bon état physique,
l'indication peut néanmoins être posée, au cas par cas.
Chez les enfants, l'intervention risquerait de léser les cartilages
de croissance et d'entraîner des déformations secondaires. On préfère donc attendre la
fin de la croissance, en s'aidant d'une orthèse de stabilisation
dynamique pour la
pratique sportive.
3. Evolution du greffon
Le greffon est un élément inerte,
privé de sa vascularisation et de son innervation. Sa
résistance initiale est suffisante pour se passer rapidement d'attelle
et marcher prudemment. Mais un processus biologique de "ligamentisation"
va permettre d'intégrer le greffon dans l'articulation en lui rendant la
robustesse nécessaire à la stabilisation du genou.
- Les blocs osseux vont se "souder" à l'os environnant, un
peu comme après une fracture. Il faut compter deux à trois mois.
- L'évolution
biologique du greffon ligamentaire a donné lieu a
beaucoup de discussions.
- Chez l'animal, le greffon se nécrose (meurt)
puis est recolonisé à partir de la périphérie par des cellules vivantes
qui forment un manchon de plus en plus solide. Il y a donc une période de
fragilité importante entre 2 et 4 mois après la transplantation.
- Chez l'homme, les études n'ont pas retrouvé
cette phase de nécrose, mais au contraire, une augmentation précoce des
fibroblastes vivants (cellules qui fabriquent les fibres collagènes) dès
la 3ème semaine post-opératoire. Rougraff et Shelbourne décrivent un
processus
de ligamentisation en 4 phases :
- Phase 1 de colonisation cellulaire (2 premiers mois),
- Phase 2 de remodelage collagénique (2 mois à 1 an) : activité
fibroblastique et néovascularisation importantes, zones de
dégénérescence.
- Phase 3 de maturation (1 à 3 ans) : diminution des cellules et de la
vascularisation, maturation des fibres collagéniques.
- Phase 4 de quiescence : trois ans après l'implantation, les
autogreffes de tendon rotulien présentent une véritable structure
ligamentaire, comparable au ligament croisé normal.
En pratique :
- le greffon est assez solide pour permettre une mobilisation complète et
une marche précoces,
- la solidité est compatible avec des contraintes en pivot à partir du
6ème mois post-opératoire. Ceci est un délai de sécurité, mais ne
signifie pas que les performances idéales auront été atteintes dès
cette date +++
- Il faut tout de
même se méfier des mouvements forcés (glissade),
accidentels ou répétés (postures intempestives), qui peuvent aboutir
à un étirement du greffon, voire à sa rupture.
La structure du greffon va également se remodeler :
- Le greffon a la
forme d'un simple ruban, alors que le ligament normal a
une forme spiralée, plus complexe, permettant une adaptation fine
aux positions du genou. De ce fait, l'extension et la flexion seront
un peu limitées durant les premiers mois. La résorption de l'oedème
inflammatoire et les mouvements pendulaires ou cycliques
favoriseront un remodelage du greffon et l'on peut observer des
gains d'amplitude plus d'un an après l'intervention.
- Les fibres
élastiques ne se régénèrent pas. Le greffon aura donc
toujours une élasticité moins bonne que celle d'un ligament normal.
Mais ceci n'a pas trop de conséquences en pratique.
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Le
ligament croisé antérieur

L'intervention de Kenneth-Jones
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Prélèvement os-tendon-os sur la rotule, le tendon rotulien
et le tibia 
En suivant une broche-guide, qui traverse le genou fléchi,
le chirurgien va forer un tunnel tibial et un tunnel fémoral. La broche
est ensuite retirée par le haut, tractant le greffon dans les deux
tunnels.

Lorsque le genou est étendu, le greffon
fémoral forme un angle avec l'axe du ruban ligamentaire, ce assure un
ancrage stable.

L'ancrage du greffon est assuré par des vis
ou des broches en matériau radio-transparent et résorbable
L'intervention DIDT L'intervention
DIDT ne diffère que par la nature du greffon employé : le prélévement
est effectué sur la partie inférieure des muscles droit interne et
demi-tendineux, à la partie postéro-interne de la cuisse.
Préparation à l'intervention
L'intervention est réalisée à
distance du traumatisme, sur un genou redevenu mobile et indolore.
Il est utile de se préparer par un travail de renforcement musculaire
(vélo +++) qui permettra de récupérer plus rapidement en
post-opératoire.

L'opération se fait sous anesthésie générale. Une consultation
préanesthésique est obligatoire avant l'hospitalisation. Il n'est pas prévu de transfusion sanguine, sauf accident imprévisible. |
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Auteurs : Dr Georges de Korvin,
Dr Karl Chaory, Dr J.P. Canciani, Dr Y. Acquitter, Dr F. Pazart, F.
Féron |