Phase de rééducation

Site Orthopédie-et-Réadaptation.com

Accueil ] Remonter ] Suites immédiates ] Phase post-opératoire ] [ Phase de rééducation ] Phase de réadaptation ] Retour sur le terrain ]

Suivi et rééducation après plastie du ligament croisé antérieur du genou

1. Consultation à 2 mois

  •  Le bilan orthopédique montre en général :
    • DEBOUT : -5/100, flexion monopodale 40 à 60°, saut monopodal encore hésitant, 0 à 10 cm

    • SUR TABLE : Gonflement liquidien en voie de résorption, genou encore un peu chaud. Mobilité –5/110 ou un peu plus, différence de périmètre 2 à 3 cm, Lachman + dur, pas de ressaut. (Le test de Lachman recherche un tiroir du genou en extension. Il est important de ressentir un arrêt dur, indiquant que le greffon joue bien son rôle).

  •  Le Télos est un test radiologique permettant de mesurer le tiroir antérieur de manière comparative.
    • A cette date, on utilise une traction de 15 kg.
    • Les radios montrent bien la position des tunnels et des greffons osseux.
    • Le différentiel de tiroir avec le genou sain est inférieur à 5 mm, souvent moins de 3 mm.

2. Problèmes et solutions

  •  Si le genou est gonflé, il faut vérifier qu'il n'est pas excessivement sollicité et corriger cela avant de prescrire des anti-inflammatoires. Le glaçage doit être poursuivi. On se donne en général un mois supplémentaire avant d'envisager une ponction évacuatrice.
  •  En cas de flexum (limitation de l'extension), on insiste sur :
    • le renforcement musculaire du quadriceps par des exercices de contraction statique et un travail sur presse et sur banc (en augmentant progressivement les charges)
    • les exercices d’étirements en extension répétés dans la journée.
  •  Si la flexion paraît limitée :
    • Vérifier la progression par rapport à l’examen précédent : tous les patients n'évoluent pas au même rythme. Une progression plus lente ne signifie pas que le résultat final sera moins bon. Un genou un peu serré est généralement un genou très stable.
    • Comme le genou a subi un « cyclage » complet pendant l'opération, il n’y a pas de raison pour que la flexion ne récupère pas une valeur fonctionnelle.
  •  Les "lâchages" du genou
    • L’interrogatoire vérifie que le « lâchage » se produit dans l’axe et non lors d’un mouvement de pivot comme dans les vrais dérobements rotatoires. C’est souvent le cas à la fin de la descente des escaliers, quand le quadriceps commence à fatiguer.
    • L’examen clinique vérifie qu’il n’y a ni laxité ni ressaut.
    • La cause est une faiblesse du quadriceps, mais aussi une faiblesse d’impulsion du triceps, ou une mauvaise synergie de l’ensemble quadriceps, ischio-jambiers, triceps.
    • Le travail de la marche en demi-pointe est un bon exercice préventif.
    • Pour éviter les grosses frayeurs et les incidents fâcheux, il est utile de tenir systématiquement la rampe des escaliers durant les 3 premiers mois et d’utiliser un canne de randonnée pour les promenades en terrain pentu ou inégal.

3. Les consignes

A partir du 3ème mois commence la phase plus active de "réadaptation", principalement axée sur le renforcement musculaire. Le gain d'amplitude découlera principalement de l'activité globale du genou. Il faut encore être prudent dans l'utilisation de postures passives, surtout celles en flexion, qui provoquent douleurs et gonflement, sans apporter de bénéfice notoire. Par contre, des étirements répétés en extensions contribueront à réduire progressivement le flexum résiduel, mais sans chercher à aller jusqu'au recurvatum (hyperextension), qui est une position très agressive pour le greffon.

L'état inflammatoire du genou doit toujours guider le rééducateur dans la progression des exercices. Un genou gonflé ne produit jamais de muscle ! Il faut donc savoir patienter avec le glaçage, la balnéothérapie, le vélo et des exercices peu agressifs, jusqu'à ce que le genou soit bien sec et refroidi.

Cette phase est aussi marquée par la reprise du travail et le début de l'auto-entrainement en plein air. Il faut donc se méfier de cumuler un excès de contraintes sur le genou, qui peut mener à récidive du gonflement et des douleurs, ce qui fait perdre du temps au lieu d'en gagner... C'est pourquoi, il est préférable d'espacer les séances de kinésithérapie à 1 ou 2 par semaine.

A l'inverse, ceux qui se contentent d'attendre les six mois fatidiques sans faire grand chose, en pensant qu'ils pourront alors reprendre leurs activités antérieures sans difficulté se trompent lourdement ! Seule une préparation bien conduite permet d'optimiser l'état du genou aux différentes étapes. On dit que le chirurgien fait un tiers du travail, la nature un tiers et le patient un tiers également. Un patient qui ne fait rien peut au mieux espérer d'arriver aux 2/3 du résultat espéré !

L'auto-entraînement

  •  Pas de course à pied avant que le genou soit redevenu sec et assez musclé.
    • Il ne suffit pas « d’attendre » pour avoir le droit de courir, il faut s’y préparer ! 
    • On se contentera de faire un ou deux essais de course dans les 10 jours précédant la consultation du 4ème mois, ce qui permettra d'évaluer la tolérance.
  •  Faire du vélo en plein air 2 à 3 fois par semaine : rien ne le remplace !
    • Il y a une différence évidente d’évolution entre les patients qui font régulièrement et sérieusement du vélo et ceux qui croient pouvoir s’en passer +++
    • Commencer par 5 km en terrain plat, en moulinant, 2 à 3 fois par semaine, puis augmenter de 5 km chaque semaine, jusqu’à 20 à 30 km par sortie, en fonction de la tolérance (en général excellente).
    • Essayer de trouver un partenaire qui se mettra à votre niveau, pour améliorer la motivation. Attention à la tentation d’en faire trop !
    • Le vélo d’appartement peut être utilisé en cas de mauvais temps : il faut varier la résistance et la vitesse de pédalage.
  •  Aller à la piscine, au moins une fois par semaine :
    • marche dans l’eau et battements de crawl. Éviter la brasse qui est généralement mal supportée (douleurs de rotule ou derrière le genou).
    • Surtout si le genou est inflammatoire et liquidien
    • Ou s’il y a des signes « pré-algodystrophiques » : douleur exagérée, raideur, empâtement rotulien.

En kiné :

  •  Intensifier le travail musculaire dynamique, en variant les exercices : vélo, presse, stepper, rameur, banc de musculation
  •  Sur le banc de musculation, travailler avec des charges modérées (4 à 10 kg) à vitesse rapide, ce qui est mieux toléré par la rotule que le travail lent ou le travail statique intermittent en fin d'extension.
  •  Attendre la fin du 3ème mois pour commencer les exercices sur trampoline et sur plateau instable. En attendant, on peut commencer à travailler les appuis, faire quelques sautillements sur place.

L'auto-entraînement

Nouvelles illustrations en préparation

      

 

 

     

L'équipement du kinésithérapeute

 

 

Auteurs : Dr Georges de Korvin, Dr Karl Chaory, Dr J.P. Canciani, Dr Y. Acquitter, Dr F. Pazart, F. Féron

Notre programme de suivi médico-rééducatif des ligamentoplasties du genou a été mis en place en 1997 pour sécuriser les patients et optimiser les résultats de la rééducation réalisée dans le secteur libéral. Une évaluation faite sur 126 dossiers de l'année 1998 a montré la bonne adhésion des patients et des kinésithérapeutes à cette démarche de qualité et des résultats comparables à ceux de la littérature internationale (Congrès annuel de la Société Française de Médecine Physique et de Réadaptation - Sofmer - Angers 1999).

Mise à jour le : 16-07-2006

Orthopédie & Réadaptation
Webmestre : Dr Georges de Korvin - Centre Hospitalier Privé Saint-Grégoire
6, bd de la Boutière, CS 56816 - 35768 SAINT-GREGOIRE CEDEX
Tél. 02 23 25 30 90

Avertissement : le diagnostic et le traitement d'une maladie ne peuvent être établis que par un médecin après examen physique direct du patient. Les informations fournies sur ce site ne visent qu'à compléter celles données par votre médecin, en aucun cas à se substituer à une consultation médicale pour l'établissement d'un diagnostic ou d'un traitement. Nous ne pouvons répondre à distance aux questions se rapportant à un cas personnel.

Les illustration du site proviennent presque toutes de notre collection personnelle. Le maximum de précautions ont été prises pour que les patients concernés ne soient pas identifiables : recadrage des clichés, utilisation de photos datant de plusieurs années. Néanmoins, toute personne pensant pouvoir être reconnue sur l'un des clichés de ce site, est invitée à nous contacter de manière à opérer les vérifications et, si besoin, les corrections nécessaires. Rappelons que ce site a pour seule vocation de contribuer à une information libre et gratuite des patients et des professionnels et qu'il ne poursuit aucun objectif commercial.

Précédente Accueil Remonter Suivante