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Suivi et rééducation après
plastie du ligament croisé antérieur du genou
1. Consultation à 4 mois post-opératoires
Cette consultation est effectuée
conjointement avec le chirurgien. Elle est
importante, car elle permet de juger de la capacité du patient à
aborder la phase de réadaptation sportive,
qui préparera le patient au retour sur le terrain.
Cette préparation sportive
s'effectue principalement en plein air. A ce stade, il reste
à gagner environ un tiers de la récupération finale. Négliger l'entrainement
préconisé revient à se contenter d'une récupération à 66 % et de voir
persister un certain nombre de désagréments : douleur, raideur
résiduelle, incapacité à courir avec aisance, manque de confiance dans
son genou.
- A ce stade,
l'interrogatoire indique en général : pas de douleur
majeure, mais encore dérouillage après station assise, douleurs
occasionnelles (météorologiques ou après effort), montée et descente
des escaliers normale, accroupissement un peu limité, vélo 20 à 30
km/sortie (si patient motivé), travail repris (sauf métiers à
risque).
- A l'examen clinique, les
paramètres sont en moyenne les suivants :
- DEBOUT : -5/130°, flexion monopodale 70 à 90°,
saut monopodal 40 à 60 cm.
- SUR TABLE, le genou est sec, tiède ou
complètement refroidi.
- L'extension est complète si le patient est
capable d'écraser la main sous le genou. Mobilité 0/120 à 140°,
talon-fesse 20 à 25 cm. Une meilleure mobilité n’est pas un critère
de bon résultat à terme ni d’une kinésithérapie bien conduite +++
- Le périmètre de cuisse reste souvent inférieur de
2 à 3 cm par rapport au côté sain, mais ceci ne préjuge pas de la
récupération fonctionnelle effective (d'où l'intérêt du test de
force isocinétique).
- Il peut rester encore quelques points un peu
sensibles à la palpation ou à la flexion maximale : zone de
prélèvement du greffon, entrée du tunnel tibial, interligne
fémoro-tibial s’il y avait une lésion méniscale ou ostéochondrale au
départ, point d’insertion fémoral postéro-externe.
- Il est normal de trouver une zone d’anesthésie
cutanée en dehors de la cicatrice. C’est normal, car il y a toujours
des petits rameaux sensitifs qui ont été sectionnés par la voie
d'abord chirurgicale, quelle que soit sa position.
2. Le test de mesure de force isocinétique
Ce test se fait sur une
machine ressemblant à un banc de musculation. L'appareil est
équipé d'un servofrein qui adapte la force de résistance de la machine à
la force développée par le patient, de manière à imposer une vitesse
angulaire constante (d'où le terme isocinétique).
On obtient ainsi des courbes
de couple de force en extension et en flexion. Le test est
effectué à vitesse lente (60°/s) et à vitesse rapide (180°/s).
On compare les couples maxi
entre le côté opéré et le côté sain. Il est également
intéressant de regarder si la morphologie des courbes.
- Si le test isocinétique montre un déficit quadricipital
inférieur à 40 % et un déficit des fléchisseurs inférieur à 10 %,
on autorise la
reprise du footing en terrain souple et
régulier. On peut s'y préparer par des exercices de squat, du trampoline,
du saut à la corde, en évitant les prises de risque acrobatiques et un
travail trop prolongé qui risque d'être mal toléré par l'appareil
extenseur.
2. Les consignes
- Les erreurs à éviter :
- Négliger l’entraînement préparatoire régulier
« en attendant de pouvoir rejouer »…
- Surmener le genou : entraînement trop
intensif, conjugué aux contraintes professionnelles.
- S’impatienter ou se décourager parce que tout
n’est pas encore parfait. Chacun progresse à son rythme, en
fonction de l’âge, des contraintes professionnelles et des dons
de la Nature… Les délais de sécurité indiqués dans les
programmes de rééducation ne sont pas des délais de résultat
optimal !
- Incriminer « les ménisques » et réclamer des
IRM sans faire confiance au jugement du médecin et du
chirurgien.
- La poursuite
régulière et progressive de l’entraînement est le meilleur moyen
pour faire disparaître les petits craquements et autres « bobos »,
et voir les performances fonctionnelles s’améliorer progressivement
- Continuer le vélo en
plein air, 2 à 3 fois par semaine, 25 km au moins.
- Commencer le
footing, à condition que le genou soit sec et suffisamment
musclé :
capacité à fléchir en monopodal à 90° au moins, saut monopodal à
plus de 80 cm, moins de 40 % de déficit au test isocinétique sur
les extenseurs.
- Commencer par un
footing alterné avec de la marche rapide, sur terrain
souple. La course sur terrain dur martèle le genou et ne
renforce pas les muscles
- Pour obtenir un
renforcement musculaire, courir sur des terrains en pente,
en montée et descente, ou sur du sable sec. L’idéal est de
courir en bord de mer : soit perpendiculairement à la plage, à
marée basse ; soit dans les dunes. Et finir par une marche dans
l’eau jusqu’aux genoux.
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L'entraînement
en ligne

Un compteur kilométrique est prêté au
patient qui doit remplir une feuille de suivi, permettant d'avoir une
vision quantifiée de son entraînement.
Les
problèmes parfois rencontrés
a)
Le flexum
Il est souvent favorisé
par une insuffisance des extenseurs, restés inférieurs aux fléchisseurs.
Il faut associer
étirements en extension, souvent répétés dans la journée, et
renforcement musculaire des extenseurs. Utiliser alors le banc de
musculation.
Si le flexum dépasse
10°, on réalise une orthèse de posture progressive
nocturne. Le but n’est pas d’obtenir
un étirement brutal, mais de favoriser le remodelage ligamentaire par
une posture très douce mais maintenue longtemps.
Sur 2000 genoux opérés,
nous n’avons jamais du recourir à une reprise chirurgicale pour flexum
et la l’importance donnée dans la littérature au « syndrome du cyclope »
nous paraît très exagérée.
b) Le
gonflement
Si l’épanchement n’est
pas asséché par la réduction des contraintes, la piscine, la glace et 15
jours d’anti-inflammatoires, on peut faire une ponction évacuatrice.
Généralement, on retire 40 à 60 cc de liquide trouble, riche en micro
débris qui ont du mal à se résorber.
A ce stade, on
n’injecte pas de corticoïdes. Le genou est bandé pendant 24 heures pour
éviter la récidive de l’épanchement par effet d’appel liquidien.
L’évacuation du
genou permet souvent un assèchement durable. Le patient est encouragé à
aller à la piscine, à glacer le genou, puis à reprendre le vélo une
semaine après. Il ne faut pas courir avant un mois.
c) La limitation de la flexion
Ce n’est
pratiquement jamais un problème définitif. Après 3 mois
post-opératoires, on peut faire des exercices de fente avant, mieux
supportés que les postures talon fesse en station assise.
Ces exercices ne
doivent pas être brutaux, mais répétés souvent dans la journée.
La flexion
progresse très longtemps, de manière spontanée, avec le simple
entraînement sportif régulier. Nous avons observé des progressions se
poursuivre plus d’un an après l’opération.
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