Le corset de Cheneau-Toulouse-Munster (CTM)
est notre corset de prédilection pour le traitement des scolioses. Il est léger, aussi discret que possible et
généralement bien accepté après quelques jours d'adaptation. La technique et
le matériau (polyéthylène) permettent beaucoup d'adaptations en fonction de la
topographie scoliotique et de l'évolution morphologique au cours de la
croissance.
La prise de moulage
La prise de moulage est un temps important du traitement orthopédique.
C'est le moment où le médecin et le technicien appareilleur peuvent
parfaitement coordonner leur action en tenant compte de la
réductibilité de la scoliose et des
déséquilibres qu'il faudra éviter.
Le moulage est pris sous une légère traction qui a surtout pour but
de s'assurer d'une référence de verticalité. Les
appuis correcteurs sont appliqués manuellement, ce qui permet
de bien se rendre compte des tensions musculaires, de la raideur des
coubures, du risque de majorer un dos creux et des reliefs osseux qu'il
faudra protéger d'un appui excessif.
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Le corset CTM
"complet"
Le corset CTM agit dans les trois
plans de l'espace, selon les principes
mécaniques exposés en introduction.
- Dans le
plan frontal,
- L'appui
lombaire est stabilisé
par la main pelvienne et la main dorsale opposée. Il est important de bloquer le rachis pelvien qui est plus souple que le
rachis dorsal avant de tenter de corriger ce dernier.
- L'appui dorsal est
équilibré par l'appui lombaire et par l'appui sous-axillaire. La
présence des épaules empêche souvent de placer cet appui assez
haut par rapport à la courbure thoracique. Son action ne peut
alors être qu'indirecte, en soulevant l'épaule et en ouvrant
vers le haut la courbure. L'asymétrie des épaules n'est que
transitoire et disparaîtra à l'ablation du corset.
- Dans le plan horizontal,
- Un couple de dérotation
est constitué au niveau lombaire par un appui
postérolatéral et un contre-appui abdominal opposé. La
stabilisation se fait par l'appui sur la fesse et le contre-couple
thoracique
- Au niveau thoracique, on
évite toutefois de pousser trop fort sur la gibbosité
pour ne pas aggraver le dos creux.
- Dans le plan sagittal, il faut tenter
de garder un profil aussi harmonieux que possible.
- La lordose lombaire
est contrôlée par le contre-appui abdominal et les contre-appui
fessiers et thoraciques.
- Au niveau thoracique,
la dérotation classiquement préconisée est souvent illusoire,
voire nocive, car l'appui thoracique peut enfoncer le rachis et
majorer la tendance très néfaste au dos creux. Nous faisons, par
contre, remonter le corset très haut pour tenter d'avoir une
action cyphosante sur le segment thoracique.
Malheureusement, il n'y a pas de moyen orthopédique de
"tirer" sur le rachis pour corriger véritablement
un dos creux !
- En outre,
- Des fenêtres de
dégagement sont réalisées du côté opposé aux
appuis.
- Une barre métallique
sternale et une barre
abdominale anti-cisaillement évitent le vrillage du
corset.
- Un dégagement pelvien
peut généralement être réalisé d'un côté sans observer de
déséquilibre du tronc. Ceci facilite beaucoup l'adaptation du
corset, en particulier lorsque le bassin de la fille s'élargit au
moment de la puberté. On obtient alors un effet d'auto-serrage
qui majore la correction lombaire et évite de se heurter à
l'obstacle des ailes iliaques.
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Contrôle
radiologique à la livraison du corset présenté ci-dessus :
Le rachis est montré avant traitement et
sous corset de Cheneau pour une scoliose dorsale droite de sommet T9. Le
segment lombaire est contrôlé en rectitude. L'ouverture du segment
thoracique est obtenue au prix d'une bascule des épaules. Au cours de la
croissance, il faudra surveiller que l'appui sous-axillaire ne se retrouve
pas trop bas, au niveau de la concavité de la scoliose ce qui inverserait
son action ! |

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Le corset de Cheneau
"court"
Pour les courbures lombaires et certaines
courbures thoracolombaires basses, on
peut se contenter d'un corset court, laissant libre la région pectorale.
Ce corset est très discret et plus facile à porter.
Ce corset pose généralement peu de problème
d'adaptation, sauf dans les scolioses
déjà très raides et déséquilibrantes, de même dans les courbures
thoracolombaires hautes. Ces dernières imposent souvent de
recourir à un "grand Cheneau". Le choix des appuis peut
s'avérer délicat, entre un système "trois points" ou un
système à quatre points comme nous l'avons décrit ci-dessus.
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