Les signes d'alarme
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Donner la priorité à la clinique ne signifie pas prendre à la légère le patient souffrant de lombosciatique ! 

Lors de l'interrogatoire et de l'examen, le médecin cherche toujours à identifier les signes d'alarme qui peuvent témoigner d'une pathologie autre que discale. Ces critères n'ont pas tous la même valeur selon leur intensité, leur caractère isolé ou associé dans un contexte qui leur donnera un sens particulier, éclairé par l'expérience du médecin.


Radiographies standard montrant une spondylodiscite infectieuse rapidement évolutive

Les critères d'alarme :

Le terrain particulier :

  • Un sujet très jeune
  • Ou très âgé,
  • Pas d'antécédents lombalgiques
  • Antécédents de cancer,
  • Immunodépression,
  • Corticothérapie au long cours,
  • Drogue intra-veineuse (risque infectieux)

Un état général détérioré :

  • Fièvre
  • Perte de poids

 

Une douleur atypique ou évocatrice :

  • Pas d'effort déclenchant
  • Une douleur progressive
  • Une douleur très intense
  • Une douleur nocturne obligeant se lever
  • Une topographie pluriradiculaire et bilatérale

Un syndrome rachidien intense et global

Une atteinte neurologique

  • Un déficit sensitivomoteur
  • Un syndrome de la queue de cheval +++ (perte de sensibilité du périnée, perte de la sensation de besoin, fuites urinaires).
 

Il faut toujours penser à :

  • Une fracture (sujet âgé ostéoporotique, traumatisme)
  • Une spondylodiscite infectieuse
    (Infection du disque et des vertèbres).
  • Une spondylarthropathie inflammatoire
    (Maladie inflammatoire de la colonne vertébrale touchant particulièrement des hommes jeunes).
  • Une tumeur vertébrale ou pelvienne
  • Une tumeur nerveuse (neurinome, méningiome)

Mais aussi aux autres causes mécaniques d'irritation du nerf sciatique :

  • Le rétrécissement du canal lombaire peut être congénital ou acquis du fait de l'arthrose. Il se caractérise par :
    • Une claudication radiculaire - la douleur sciatique apparaît au bout d'un certain temps de marche et disparaît au repos.
    • Une douleur en extension du tronc, alors que la flexion est libre.
    • Une topographie douloureuse imprécise, souvent pluriradiculaire.
  • Les causes tronculaires :
    • Le syndrome du canal sous-pyramidal
    • Les compressions tronculaires posturales

Il faut enfin penser aux mononévrites, en particulier devant une cruralgie chez un diabétique. 

 

Compression de la moelle dorsale par une tumeur arrondie située dans le canal vertébral, découverte à l'occasion d'une cruralgie.