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L'évaluation
initiale doit répondre à trois questions :
Affirmer la lombosciatique discale sur des
critères cliniques. Selon les recommandations de l'Agence
nationale pour l'accréditation et l'évaluation en santé (Anaes) :
- L'imagerie est inutile dans les sept premières semaines,
- Sauf si le traitement doit comporter une manipulation ou une
infiltration,
- Ou s'il n'y a pas d'amélioration sous traitement.
Dépister une lombosciatique
"symptomatique", qui serait la traduction d'une cause autre que
la pathologie discale dégénérative (tassement vertébral,
infection, tumeur...). Dans ce cas, le médecin demande d'abord des
radiographies standard et des examens biologiques de débrouillage
(numération formule sanguine, vitesse de sédimentation, C-réactive
protéine) puis d'autres examens complémentaires plus spécifiques,
toujours orientés par la clinique.
Dépister une urgence diagnostique et
thérapeutique qui pourra conduire à décider d'une
intervention chirurgicale en urgence, c'est-à-dire sous 24 à 48 heures !
Dans ce cas, les examens radiologiques doivent être réalisés aussi
immédiatement que possible...
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La topographie des
douleurs
Le trajet
précis de la douleur et les signes d'examen permettent
généralement de déterminer quelle est la racine nerveuse qui souffre.
Ce diagnostic topographique est très
important, car il orientera la recherche de la lésion par les examens
d'imagerie et une décision chirurgicale ne peut
être prise que s'il existe une parfaite concordance entre les images
découvertes et la topographie clinique.
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L4 appartient au nerf crural et donne une
"cruralgie". La douleur irradie à la face
antérieure de la cuisse et à la face interne de la jambe jusqu'au
dessus de la cheville.
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L5 appartient au nerf sciatique. La
douleur part de la fesse et irradie à la face postérieure de la cuisse,
la face externe de la jambe, le dos du pied jusqu'au gros
orteil. Il peut aussi y avoir une irradiation
trompeuse au pli inguinal qui peut simuler une douleur de hanche.
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S1 appartient aussi au nerf sciatique.
La douleur part de la fesse, irradie à la face postérieure de la cuisse,
à la face postérieure de la jambe (le mollet), au talon, au
bord externe du pied et jusqu'aux petits orteils.
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Les 10 critères d'une
lombosciatique discale typique :
- La sciatique est unilatérale et monoradiculaire,
- Elle est accompagnée ou précédée de lombalgies,
- Elle a été de début brutal après un effort ou un faux
mouvement,
- Elle évolue de façon régressive (ou ne s'aggrave pas
progressivement),
- Le patient a des antécédents de lombalgies,
- Il y a un signe de Lasègue (de grande valeur surtout s'il y a un
signe de Lasègue croisé),
- Il y a une raideur élective ou une attitude antalgique,
- Il y a un signe de la sonnette,
- Il y a une impulsivité aux efforts physiologiques (toux,
éternuement, poussée abdominale pour aller à la selle).
Si 7 de ces 10 critères sont réunis, on peut
affirmer le diagnostic de lombosciatique discale avec une spécificité de
92 % et une sensibilité de 48 % (Valat et Jacquot) et il n'y a donc pas
lieu de demander une imagerie dans l'immédiat.
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Le signe de Lasègue

Lorsque
l'on élève la jambe tendue, la mise en tension de la racine du nerf
déclenche la douleur typique de la sciatique. On mesure l'angle
d'élévation. Plus il est petit, plus la sciatique est forte. Si la
douleur est également reproduite par l'élévation de l'autre jambe, on
parle de "Lasègue croisé". Si la manoeuvre ne déclenche
qu'une douleur dans le bas du dos, c'est un "Lasègue lombaire",
très évocateur d'une atteinte discale, même s'il n'y a pas de douleur
sciatique typique. |
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92 % de spécificité : si 7/10 critères sont
réunis, le risque d'avoir une cause autre que discale n'est que de 8 %.
En fait, les causes graves (infection, tumeur) ont leurs propres signes
cliniques et il y a peu de risque pour qu'un suivi médical attentif ne
conduise à demander à temps les examens qui conduiront au diagnostic.
48 % de sensibilité : cela veut dire que
beaucoup de lombosciatiques discales ne rassemblent pas autant de
manifestations cliniques. Il s'agit généralement de formes de moyenne
intensité qui ne représentent pas des urgences diagnostiques ou
thérapeutiques.
Une bonne utilisation de la clinique permet donc d'éviter de demander
des examens inutiles ou prématurés, qu'il faudra parfois répéter si
d'aventure le chirurgien en a vraiment besoin !
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Certaines
formes topographiques
peuvent être trompeuses !
L5 peut donner une irradiation inguinale
simulant une douleur de la hanche.
Il existe des hernies discales lombaires
hautes (L1L2 ou L2L3) qui ont une traduction polymorphe :
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Une cruralgie, qui est peu fréquente (25 % pour L2L3)
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Une sciatique isolée
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Une névralgie abdomino-génitale (L1)
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Une névralgie génito-crurale (L2)
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Une méralgie paresthésique (L2)
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Un syndrome de la queue de cheval par compression de tout le paquet
radiculaire dans le canal rachidien.
Attention chez le sujet âgé : il
faut penser à rechercher une hernie latérale au dessus de L2L3. |
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