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Deux types de gestes sont pratiqués en consultation, après information du patient :

  • Les infiltrations périrachidiennes (angle iliolombaire, facettes articulaires postérieures, émergence des racines...). Les risques sont minimes (hématome, abcès, piqûre d'un nerf). Le corticoïde utilisé est l'Altim®. Les réactions allergiques à ce produit sont rarissimes.
  • Les infiltrations épidurales de corticoïdes : 2,5 cc d'Hydrocortancyl® sont injectés, sans produit anesthésique, par une aiguille fine. Précautions systématiques d'asepsie  : désinfection à la Bétadine®, gants stériles, masque. Les patients dont la peau est suspecte ne sont pas infiltrés.

 

la dure-mère est en vert, les racines sont en jaune

Les complications des infiltrations épidurales

  • La douleur lors de l'infiltration : malgré son caractère spectaculaire, l'infiltration est généralement peu douloureuse si le patient parvient à bien se détendre. L'injection du produit peut entraîner un réveil transitoire de la douleur sciatique par augmentation de la pression locale. Certains patients se plaignent de lombalgies au point d'infiltration, mais ceci régresse en quelques jours.
  • Les malaises : quelques patients, souvent robustes et musclés, font un malaise de type vagal, qui disparaît après allongement, en quelques minutes. Nous n'utilisons jamais de produit anesthésique pour éviter le risque de choc allergique, qui est minime avec le produit utilisé. Par précaution, nous demandons aux patients d'être accompagnés pour le retour à domicile.
  • Les céphalées post-PL : malgré les précautions prises (aiguille fine, biseau vertical, précision du geste), l'aiguille a pu provoquer une petite brèche dans la dure-mère qui renferme le liquide céphalorachidien. Ceci peut entraîner une fuite de ce liquide qui fera baisser la pression cérébrale et donnera des maux de tête qui disparaissent en position couchée. 
  • Les autres complications sont rarissimes : abcès, méningite, phlébite cérébrale.
     

Conduite à tenir devant des maux de tête 
après infiltration épidurale

Au moindre doute, il faut appeler le médecin qui a réalisé le geste, 
ou à défaut, le médecin de garde.
 

  • Si la céphalée n'apparaît que debout et disparaît en position couchée, s'il n'y a pas de fièvre, pas de signe méningé, pas de signe de localisation : il s'agit d'un syndrome post-PL.
    • Recommander l'alitement, en surélevant les pieds du lit de 5 à 10 cm, 
    • Un apport hydrique abondant, 2 à 3 litres par jour, 
    • Prescription de paracétamol avec caféine,
    • Si les douleurs sont importantes, hospitaliser pour 
      • apport hydrique en perfusion, 
      • administration parentérale de caféine et antalgiques
      • blood-patch si nécessaire.
  • S'il existe une suspicion de méningite, hospitaliser pour ponction lombaire (le médecin doit prévenir l'anesthésiste de garde).
  • Devant un tableau sévère (signes de localisation, troubles de la conscience), penser à une phlébite cérébrale (quelques cas décrits après injection intra-durale de corticoïdes) : transfert en réanimation neurologique, IRM en urgence.

Le "blood patch"

Le "blood patch" ou "tampon de sang" consiste à prélever environ 10 à 15 cc de sang du patient par ponction veineuse et à le réinjecter en péridural en regard de la brèche dure-mèrienne. Ceci permet de colmater la fuite et de soulager le patient en quelques minutes.

Il faut, bien sûr, éviter de renouveler d'autres ponctions ou infiltrations à ce niveau.

 

Mise à jour le : 05-12-2005

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