Protocole de traitement médical
renforcé des lombalgies et sciatiques aiguës
Les indications du traitement médical renforcé.1.
A qui s'adresse le traitement renforcé ?
Le traitement médical
renforcé s'impose toujours avant le recours à la chirurgie,
en dehors des situations urgentes créées par une paralysie motrice ou
sphinctérienne.
Il est plus lourd et
contraignant que le traitement de première intention. Les
patients dont la douleur régresse rapidement n'en ont donc pas besoin.
Mais au delà d'un mois, il est inutile de laisser traîner les choses.
a. Dans le cas des sciatiques et des cruralgies
- Il n'est pas bon de laisser souffrir la racine
plus de trois mois.
- C'est donc dans cette
fourchette de un à trois mois que le traitement médical
renforcé a le plus de place.
- Mais il n'est pas illogique d'agir avant,
si l'intensité des douleurs le justifie
ou s'il s'agit d'une récidive.
- Un traitement plus
tardif peut conserver un intérêt si l'intensité de la
sciatique est trop modérée pour
imposer la chirurgie, si la douleur
lombaire domine le tableau ou s'il n'y a
pas d'image radiologique assez
caractérisée pour être opérée. Dans ce dernier cas, le bilan médical
doit être reconsidéré, pour être sûr d'avoir éliminé une autre cause
de sciatique.
b. Dans le cas des lombalgies
- On sait que la
lombalgie n'est pas une indication pour opérer. Dans les
rares cas où l'on décide d'une intervention (en général pour bloquer
les vertèbres), il faut avoir préalablement tenté tous les
traitements médicaux et rééducatifs possibles et la décision n'est
prise qu'au bout de plusieurs mois de suivi.
- Le lumbago qui se
prolonge est une excellente indication pour le
traitement orthopédique par corset.
- Une lombalgie qui
dure plus de trois mois est définie comme une lombalgie chronique.
La discussion se fait entre l'indication d'un traitement
orthopédique par corset, éventuellement associé à d'autres gestes,
et le traitement de reconditionnement fonctionnel actif.
- En faveur du
traitement orthopédique : des douleurs réveillées par
l'effort, impulsives à la toux (ou autres secousses), une
mobilité bloquée par la douleur, un signe de Lasègue lombaire
(douleur à l'élévation de la jambe tendue), une douleur très
vive à la palpation lombaire.
- En faveur du
traitement fonctionnel : une douleur surtout
posturale, un examen clinique pauvre, une attitude asthénique...
- A tout moment,
il restera possible de basculer d'une option vers l'autre,
en fonction de l'évolution.
2. En quoi consiste le traitement médical renforcé
?
Le traitement médical renforcé
comporte trois volets :
- Le traitement
médicamenteux maximal : on peut administrer un
anti-inflammatoire (Profenid) en intramusculaire ou en perfusion,
utiliser la morphine comme antalgique. Ceci s'adresse surtout aux
sciatiques et cruralgies hyperalgiques (douleur extrême) et peut
justifier une courte hospitalisation.
- Les infiltrations sont
de trois sortes :
- Les infiltrations épidurales s'adressent
surtout aux souffrances radiculaires (sciatique ou cruralgie).
Elles ont moins d'intérêt dans les lombalgies pures.
- Les infiltrations péri-radiculaires sont
réalisées en fonction de l'imagerie scanner ou IRM.
- Les infiltrations des facettes articulaires
sont indiquées si l'on soupçonne que la douleur est d'origine
articulaire postérieure.
- Le traitement
orthopédique par corset conserve un grand intérêt dans le
traitement des lombalgies et lombosciatiques, même s'il n'y a pas
beaucoup de données récentes de la littérature à ce sujet. Il a
l'avantage d'être un traitement non médicamenteux (très peu de
contre-indications), non invasif et toujours réversible : un corset
peut être immédiatement enlevé en cas d'intolérance.
Traitement par corset et
infiltrations font l'objet de pages spécifiques, où nous en
détaillerons les modalités. |
J'ai une hernie discale, il faut me l'enlever pour que je guérisse...
Eh bien, non ! En
l'absence de complication neurologique, le recours au chirurgien n'est
pas systématique.
- La
majorité des lombosciatiques guérissent sans opération. Moins de
20% des hernies discales ont besoin d'être opérées.
- Le risque
de récidive est aussi important après traitement chirurgical
qu'après traitement médical.
- La
chirurgie ne fait que traiter la sciatique (ou la cruralgie).
Les résultats de la cure de hernie discale sur la lombalgie sont
très aléatoires et une lombalgie isolée n'est pas une bonne
indication chirurgicale.
- Après
chirurgie, il peut y avoir une majoration des lombalgies, due à
l'affaissement discal. Ces douleurs parfois invalidantes et
difficiles à traiter.
Quand décide-t-on d'opérer ?
Une indication chirurgicale est
décidée lorsque sont clairement réunies deux types de conditions :
- La
dominante douloureuse est une sciatique (ou cruralgie) caractérisée
et bien expliquée par l'imagerie, montrant clairement une
compression de la racine douloureuse par une hernie discale ou un
rétrécissement osseux. Les tableaux à dominante lombalgique sont de
mauvaises indications.
- La douleur
résiste au traitement médical bien conduit depuis 4 à 6 semaines au
moins. Il peut aussi s'agir de récidives rapprochées.
La première condition doit toujours
être remplie : on n'opère pas un patient qui a une sciatique à
droite et une hernie à gauche !
La deuxième condition souffre trois
exceptions :
- La douleur
extrême (sciatique ou cruralgie hyperalgique), résistant aux
anti-inflammatoires en perfusion et à la morphine.
- L'apparition
d'un déficit moteur :
pied tombant ou impossibilité à à décoller le talon et se mettre sur
la pointe.
Urgence!
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L'apparition d'une
perte du contrôle des urines ou des selles : urgence
!
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