Traitement de première intention

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Protocole de traitement médical renforcé des lombalgies et sciatiques aiguës
Traitement médical de première intention

1. Quand ?

Le traitement médical de première intention est le même pour les lumbagos et pour les sciatiques aiguës. Plus il est commencé tôt, plus il a des chances d'être efficace.

2. Comment ?

Sauf contre-indication particulière, le traitement associe les moyens suivants :

  •  Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : la douleur aiguë est très liée aux phénomènes inflammatoires locaux. Une grande part des mécanismes biochimiques qui les produisent sont communs. La phase aiguë est donc le moment où les anti-inflammatoires ont le plus d'effet. Pour les personnes présentant un risque ulcéreux, des protecteurs gastriques sont prescrits. On peut également utiliser les corticoïdes à dose élevée pendant une semaine, mais ce type de traitement ne peut pas être prolongé, car il y a alors un risque d'insuffisance surrénalienne secondaire.
  •  Les antalgiques : en fonction de l'intensité de la douleur, on prescrit :
    • du paracétamol (Efféralgan, Doliprane, Geluprane, Dolko...), à la dose optimale de 1g, trois à quatre fois par jour, en prises espacées de quatre heures. En prendre plus n'est pas plus efficace et risque d'être toxique pour les reins.
    • du paracétamol associé un dérivé de l'opium : codéine, dextropropoxyphène (Diantalvic, Dialgirex...), tramadol (Topalgic, Monocrixo...). Ces médicaments sont plus puissants, mais peuvent donner des nausées et des troubles de la vigilance (attention à la conduite automobile !).
    • de la morphine, en forme retard (Skénan LP) ou rapide (Actiskénan). En principe, plus la douleur est intense, mieux la morphine est supportée.
  •  Les décontracturants musculaires :
    • Le tétrazépam (Myolastan) est une benzodiazépine, donc proche des somnifères. Il a l'avantage de faire mieux dormir. On l'évite généralement pendant la journée.
    • Le thicolchicoside ne donne pas de somnolence, mais peut donner de la diarrhée... On le prescrit plutôt en journée.
  •  Une ceinture lombaire préfabriquée, vendue en pharmacie, apporte souvent une sensation de maintien agréable.

Le repos au lit n'est plus prescrit de manière aussi systématique qu'autrefois. La tendance actuelle est de laisser le patient poursuivre ses activités, tant qu'elles restent compatibles avec la douleur. Les statistiques faites dans différents pays montrent que la mise au repos systématique n'a pas d'effet favorable sur le pronostic de guérison des lombalgiques aigus et présente plutôt un facteur de risque de passage à la chronicité.

3. Combien de temps ?

Pour un premier épisode aigu, le traitement est prescrit pour une semaine.

S'il y a une sciatique, le patient doit quotidiennement s'assurer qu'il n'a pas de paralysie ni de trouble du contrôle urinaire et fécal. Attention : la douleur peut disparaître lorsque la paralysie s'installe ! Il faut donc régulièrement vérifier la capacité à se mettre sur les talons et sur les pieds.

En fonction de l'évolution, la conduite est réajustée :

  •  Si l'évolution est rapidement favorable, le traitement peut être ainsi prolongé une semaine ou deux, selon les besions. Le retour aux activités normales est fait progressivement, en essayant d'éviter ou de limiter les situations agressives pour le disque intervertébral : conduite automobile, soulèvements de charges lourdes, mouvements répétés de flexion ou de torsion du tronc. C'est l'occasion d'étudier l'aménagement du poste de travail et de réfléchir à quelques mesures préventives.
  •  Si la douleur reste intense ou se prolonge, c'est l'indication du traitement médical renforcé.
  •  Seuls les patients présentant un déficit moteur ou un trouble sphinctérien doivent être adressés immédiatement au chirurgien.

4. Quelle place pour l'ostéopathie ?

Pour nous la réponse est simple : les lumbagos d'origine discale et les lombosciatiques  (ou cruralgies) sont des contre-indications aux manipulations vertébrales. Les risques sont, en effet, bien supérieurs aux bienfaits et le fait d'être "pressé de guérir" ne doit pas être un prétexte à faire n'importe quoi.

Il n'est pas logique d'effectuer un mouvement forcé sur un disque abîmé, sachant que les mouvements de torsion sont les plus agressifs pour les fibres de l'anneau discal. Il y a un risque non négligeable de favoriser la rupture des éléments qui retiennent le noyau gélatineux du disque et de provoquer ou de majorer une hernie discale. Un simple lumbago peut ainsi se transformer en lombosciatique, voire en sciatique paralysante ou en syndrome de la queue de cheval (paralysie des sphincters).

Il est dangereux de se soumettre à des manipulations sans qu'un diagnostic médical ait été posé. Il faut aussi rappeler qu'une manipulation ne doit jamais se faire dans un sens de mobilité douloureux.

Les massages n'ont pas démontré d'efficacité dans les douleurs aiguës d'origine discale. Les exercices d'étirement ou de musculation n'ont pas non plus de place à ce stage.

Nouvelles illustrations en préparation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auteur : Dr Georges de Korvin

Notre programme de suivi médico-rééducatif des ligamentoplasties du genou a été mis en place en 1997 pour sécuriser les patients et optimiser les résultats de la rééducation réalisée dans le secteur libéral. Une évaluation faite sur 126 dossiers de l'année 1998 a montré la bonne adhésion des patients et des kinésithérapeutes à cette démarche de qualité et des résultats comparables à ceux de la littérature internationale (Congrès annuel de la Société Française de Médecine Physique et de Réadaptation - Sofmer - Angers 1999).

Mise à jour le : 02-08-2006

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